Infolettre - janvier 2026
- Anik Pelletier

- 20 janv.
- 4 min de lecture

J’espère que vous allez bien en ce début d’année. Pour cette infolettre, les sujets ne manquaient pas. J’aurais pu vous parler davantage de glottophobie et de l’insécurité linguistique qu’elle cause. J’aurais aussi pu donner mon opinion sur la plus récente « crise linguistique » opposant le Conseil d’État et l’Académie française au sujet des doublets abrégés sur les plaques commémoratives à Paris.
Ou encore, j’aurais pu vous faire un résumé d’une thèse de doctorat sur les implications éthiques du langage inclusif en traduction, en interprétation et en enseignement, n’eût été que je n’ai pas encore terminé la lecture de cette brique de plus de 400 pages. J’y reviendrai le mois prochain.
Tout ça pour dire que les sujets d’intérêt en matière de langue ne manquent pas. J’ai donc choisi de vous entretenir de l’impact de l’écriture inclusive pour les marques, d’emojis et d’un litige qui a opposé la compagnie SWATCH et l’OQLF.
Écriture inclusive : quel impact pour les marques?
Une étude menée auprès de 800 consommateurs et consommatrices en France révèle que les réactions à l’écriture inclusive varient beaucoup. Voici les principaux constats.
En général, les hommes ne réagissent pas différemment à une publication commerciale, qu’elle soit écrite de façon inclusive ou traditionnelle.
Les hommes perçoivent le message de façon plus positive si la marque explique le choix de l’écriture inclusive comme faisant partie d’une démarche d’égalité.
Sans surprise, les femmes affichent généralement une attitude plus favorable que les hommes envers les marques qui rédigent leurs publications de façon inclusive.
Cependant, les femmes qui adhèrent fortement aux stéréotypes traditionnels sont réfractaires à l’écriture inclusive.
La forme la plus controversée demeure le doublet abrégé avec le point médian.
On conseille aux marques d’expliquer leur choix d’écriture inclusive, d’adapter les procédés choisis et de connaître leur auditoire. Comme je le dis toujours, tout est question de contexte, d’intention et de public cible.
Nouvelles règles d’affichage public : OQLF vs SWATCH
Avez-vous entendu parler de la cause opposant le détaillant de montres SWATCH et l’OQLF? Cette cause touche directement une question que plusieurs entreprises se posent : jusqu’où doit-on aller pour se conformer aux règles linguistiques en matière d’affichage, surtout lorsqu’une marque est en jeu?
Au cœur du débat : l’affichage extérieur des boutiques SWATCH, où la marque apparaît seule, sans ajout de texte en français. L’OQLF estimait que la présence du mot « watch » exigeait l’ajout de français. De son côté, l’entreprise soutenait que SWATCH est avant tout une marque inventée, perçue comme telle par le public.
Le Tribunal a tranché en faveur de SWATCH. Plutôt que de décortiquer la marque lettre par lettre comme l’a fait l’OQLF, il s’est posé une question simple, mais fondamentale : comment le public perçoit-il réellement cette marque? Sa réponse comme un nom distinctif, reconnu, et non comme un mot anglais descriptif. Résultat : l’affichage existant a été jugé conforme.
Cette décision démontre qu’en matière d’affichage et de marques de commerce, la conformité linguistique ne se joue pas uniquement dans les détails techniques ou le décorticage de mots ou de syllabes, mais aussi dans la perception du public, le contexte et l’intention.
Cela dit, cette décision ne signifie pas que toutes les marques peuvent faire abstraction du français. Les règles demeurent exigeantes, et chaque situation est unique. En matière d’affichage au Québec, il n’existe pas de solution unique. Les entreprises doivent prendre des décisions éclairées, qui assureront un équilibre entre conformité et identité.
Décision des tribunaux français dans la cause de cyberharcèlement
Dans mon infolettre de septembre dernier, je vous parlais d’un procès pour cyberharcèlement en France. L’histoire remonte à 2022 à la suite d’une émission où une artiste aurait voulu sensibiliser aux répercussions de l’usage du masculin « neutre ». Des milliers d’hommes l’ont par la suite harcelée en ligne. Neuf d’entre eux (c’est bien peu, si vous voulez mon avis) ont été accusés. La décision a été rendue en novembre 2025. Tous ont été reconnus coupables. Les tribunaux français envoient un message clair : le cyberharcèlement masculiniste, c’est assez!
Bonnes pratiques pour utiliser les emojis de façon accessible
Utilisez-vous des emojis dans vos communications, notamment les réseaux sociaux? Les emojis ajoutent de la couleur et de la fantaisie à vos messages, mais peuvent nuire à l’accessibilité s’ils sont mal utilisés. Voici quelques bonnes pratiques à adopter pour ne pas nuire aux personnes qui doivent utiliser des lecteurs d’écrans.
Utilisez les emojis avec parcimonie
Idéalement, limitez-vous à un maximum de trois emojis par publication.
Placez les emojis à la fin du message
Cela permet aux lecteurs d’écrans de sauter plus facilement les descriptions d’emojis.
Évitez les emojis au milieu des phrases ou entre les mots
Les lecteurs d’écran lisent chaque emoji comme une description verbale (ex. « mains qui applaudissent »), ce qui peut nuire à la compréhension du message.
Laissez toujours de l’espace entre les emojis et les mots
Sans espace, les lecteurs d’écran peuvent lire les emojis comme une seule longue chaîne, ce qui devient rapidement incompréhensible.
Ne remplacez pas des mots par des emojis
Les emojis doivent accompagner le message, pas le porter. De plus, un emoji seul ne transmet pas toujours le sens voulu.
Vérifiez la description Unicode de l’emoji
Pour éviter les malentendus, assurez-vous que la description officielle correspond réellement au message que vous souhaitez transmettre.
Évitez la répétition d’un même emoji
La répétition amplifie inutilement la lecture par les technologies d’assistance.
Ajoutez un texte alternatif aux images d’emojis
Un emoji intégré dans une image doit toujours avoir un texte de remplacement clair et pertinent.
Bien appliquées, ces astuces rendront vos publications plus accessibles.


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