Infolettre - août 2025
- Anik Pelletier

- 19 août 2025
- 3 min de lecture

De retour après deux mois d’absence. Comment s’est passé votre été? Le mien a été tout sauf tranquille. C’était à prévoir, puisqu’après la date fatidique du 1er juin pour inscrire à l’OQLF ma clientèle PME, j’ai dû préparer pas moins de huit analyses de leur situation linguistique. Toutes ces analyses doivent être remises au plus tard le 1er septembre.
Je vois enfin la lumière au bout du tunnel. À moins que ce soit le train des programmes de francisation que j’aperçois au loin? Car, malgré tous mes efforts, certaines entreprises que j’accompagne n’ont pas réussi à apporter tous les correctifs nécessaires pour obtenir leur certificat. Il reste donc encore du travail à faire.
J’ai été tellement occupée avec la francisation que j’ai quelque peu négligé le côté communication inclusive et accessible de mon offre. J’ai tout de même recueilli ici et là des exemples – positifs comme négatifs – que je vous présenterai dans de prochaines infolettres. Pour l’instant, je vous ai déniché différentes nouvelles sur tout ce qui touche la langue.
Autorités, langues et responsabilité sociale
Radio‑Canada rapportait dernièrement que la GRC de la Saskatchewan n’a pas respecté ses obligations en vertu de la Loi sur les langues officielles. Des plaintes ont été déposées auprès du commissaire aux langues officielles en raison de lacunes persistantes malgré des droits garantis au nom des services bilingues. Le commissaire recommande un plan d’action pour veiller à ce que la GRC de la Saskatchewan publie simultanément en anglais et en français sur les médias sociaux. De son côté, la GRC de la Saskatchewan plaide le sempiternel manque de ressources en traduction. Toujours la faute de la traduction…
Dans cet article publié par l’Association canadienne de l’industrie de la langue (ACIL), on apprend qu’au Manitoba, sous la crise des feux de forêt couve une crise linguistique. En effet, le gouvernement manitobain tarderait à déployer les versions françaises de ses outils de communication de crise. En situation d’urgence où la sécurité de la population est en jeu, la transmission des communications dans les deux langues officielles – voire dans les différentes langues autochtones – peut être un enjeu de vie ou de mort.
Je me répète : la langue est un aspect essentiel de la responsabilité sociale et un facteur important d’inclusion.
Les Jeux de la francophonie canadienne
Du 15 au 19 juillet dernier, la ville de Laval a vibré au rythme des Jeux de la francophonie canadienne. Plus de 1 200 jeunes francophones de 14 à 18 ans, des quatre coins du pays, y ont célébré la langue, la culture et l’engagement citoyen.
Trois volets étaient à l’honneur : les arts (impro, musique, art culinaire…), le sport (athlétisme, volley de plage, basketball 3x3…) et le leadership (justice sociale, médias, art oratoire…). Treize délégations ont pris part à cette édition inclusive et inspirante.
Ce qui ressort des témoignages des jeunes? La fierté de parler français, sans gêne ni complexe, et la joie de se sentir à sa place, quel que soit son accent ou son origine. Pour plusieurs, c’était une première grande rencontre avec la francophonie plurielle du Canada.
En lisant ces récits, on comprend mieux à quel point la langue façonne l’appartenance. Et qu’elle mérite d’être pleinement intégrée à nos pratiques sociales et organisationnelles. C’est aussi cela, la responsabilité sociale linguistique : créer des espaces où chacun et chacune peut s’exprimer, apprendre et évoluer en français.
ChatGPT et notre façon de parler
Des chercheurs du Max Planck Institute ont découvert que, depuis 2022, des mots fréquemment utilisés par ChatGPT (comme « delve », « meticulous », « swift » en anglais – et j’ajouterais « crucial » en français) se retrouvent désormais dans de nombreux balados et vidéos. L’étude suggère que l’usage de plus en plus répandu de ces termes pourrait façonner nos choix lexicaux et créer une boucle d’influence mutuelle entre êtres humains et IA. Et cette boucle pourrait mener à une homogénéisation culturelle, donc à l’effacement de certaines cultures au profit d’autres. Vous ai-je déjà parlé de l’importance de la culture et de la langue en matière de responsabilité sociale? 😉
Douceurs d'été
Mireille Elchacar était de retour cet été pour une chronique hebdomadaire sur la langue. Toujours aussi intéressante et pertinente, la lexicologue nous a fait part de ses réflexions sur divers aspects de la langue : dictionnaires, variantes géographiques, insécurité linguistique, réforme de l’orthographe, francisation des personnes immigrantes et du vouvoiement. Du bonbon que je vous invite à savourer dans Le Devoir.

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